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Robert Moray (ou Muray) un illustre inconnu.

Classé dans : Esoterisme,Histoire — 11 janvier, 2015 @ 3:29

 Les origines du clan Muray et le début de la vie de Robert.

Rappelons un peu l’histoire de l’Ecosse. après la mort du roi Alexandrie I , son frère David s’empare du trône (1124), au détriment de Malcom fils d’Alexandre, avec l’aide d’Henri I Beauclerc (petit fils de Guillaume le conquérant).  Malcom trouve refuge auprès d’Angus, Mormaer (souverain) de Moray. Le roi David I , entouré de chevaliers Normands et Flamands, charge l’un d’eux Freskin de défaire Angus. après la  victoire Freskin  se voit attribué le fief de Moray. Nous retrouvons un de ses descendants (de la branche Murray de Tullibardine) sir Mungo de Craigie Laird du comté de Perth, le père de Robert.

 

Tartan des Murray de Tullibardine.

Tartan des Murray de Tullibardine.

 

Les débuts de la vie de Robert Moray restent obscurs et nous ne pouvons qu’émettre des suppositions. Né en 1608 (ou 1609), il a fait ses études en Écosse (peut-être à St Andrews) et semble avoir occupé un poste équivalent à ingénieur dans des mines de charbons.

 Vie militaire.

Nous le retrouvons ensuite en France où il servi dans le régiment de la garde écossaise, garde rapprochée au roi Louis XIII, nommé colonel il fût engagé comme espion par le Cardinal de Richelieu. Passant d’un camp à l’autre, en fonction des méandres des alliances écossaises, le parcours de Robert Moray est difficile à suivre entre les années 1640 à 1650. Était-il encore un espion pour le compte de la France alors qu’il servait de négociateur entre les troupes royales et la « Scottish Covenanters Army », armée presbytérienne écossaise? Nommé Intendant Général (Officier supérieur chargé de l’approvisionnement), à la prise de Newcastle en 1640 pendant la guerre des Évêques (Bishop War). Le 20 mai 1641, toujours à Newcastle, il fut initié à la franc-maçonnerie par le marquis James de Hamilton (général en chef de l’armée Convenanter) avec pour parrains Alexander Hamilton (général de l’artillerie) et John Mylne (Architecte et Maitre constructeur de l’armée, il deviendra à l’avènement de Charles II, Royal Master Mason pour l’Ecosse), initiation dument enregistrée et confirmée par la loge Mary’s Chapel (première loge d’Écosse) d’Edimbourg. Robert Moray reçut comme « signe de maçon » le pentagramme et accola ce signe à sa signature pour le restant de sa vie.

 

signature

Nous le retrouvons en 1643, année où il fut armé chevalier par Charles I. En novembre 1643, il fut fait prisonnier par le duc de Bavière, après 18 mois de captivité, très douce d’ailleurs les archives nous décrivent des visites et l’expédition de livres (notamment un traité de magnétisme), sa rançon est payée par la France en avril 1645 pour la belle somme de 16500 livres (soit environ 15 millions € d’aujourd’hui). Il est clair que le gouvernement français continuait à le considérer  comme un atout précieux, d’ailleurs le Cardinal Mazarin l’envoya en tant que négociateur avec les ambassadeurs français pour les pourparlers de réconciliation entre les troupes écossaises et Charles I après la bataille de Naseby du 13 Juin 1645. Le Roi sous la protection, ou plutôt prisonnier, des troupes écossaises et malgré l’entregent de Robert Moray fut remis à Cromwell. Robert Moray organisa une tentative d’évasion, échouée selon les chroniqueurs à cause de la «couardise du roi », roi qui ne tarda pas à être condamné puis décapité le 30 janvier 1649. Pendant ce temps, Robert Moray  est reparti en France, puis est de retour en Écosse avec Charles II en 1651, qui le nomma juge puis Greffier du Conseil privé et enfin Lord of Session (président de la cour suprême d’Écosse) avant que Cromwell n’envahisse une seconde fois son pays. Quelques temps après il épousa Sophia Lindsey, mais cela ne l’empêcha pas de prendre une part active, avec le frère de sa femme, dans l’organisation d’un soulèvement de Highlanders contre Cromwell. Son épouse Sophia mourra en couches avec son bébé mort-né en 1653, à l’âge de seulement 28 ans. Emprisonné par Lord Glencairn sous l’accusation de régicide¹ et les Highlanders écrasés par Cromwell en Juillet 1654, marquèrent la fin de sa vie militaire.

 

 Armoirie

 

La période scientifique (et politique).

 

Âgé maintenant de 46 ans Robert Moray retourna en Hollande à Maastricht, à l’invitation de M. Everard, maître des maçons (pas franc, mais franc-maçon quand même) de la ville, où il se consacra pendant les cinq années suivantes à la science comme le prouve un ensemble de courriers, notamment la lettre de Kincardine envoyée à Alexander Bruce (frère du comte de Kincardine) se reportant aux nouvelles méthodes d’expérimentation scientifique.

En 1659 Richard Cromwell renonce au titre de Lord Protecteur, hérité de son père Oliver décédé l’année précédente. Robert Moray s’est rendu à Paris pour rencontrer Charles II et a été étroitement associé aux négociations avec le général Monck qui ont finalement conduit le prétendant Stuart à retrouver la couronne du Royaume Uni. La présence de Robert Moray, à Londres en août 1660, est attestée à la cérémonie de restauration du roi.

Présent à la conférence de Christopher Wren² à Gresham College le 28 Novembre portant sur la création d’un « Collège pour la promotion et l’apprentissage de l’expérimentation en PhysiqueMathématique » ( Colledge for the Promoting of PhysicoMathematicall Experimentall). Nous pouvons lire sur le mémorandum en date du 28 novembre 1660: « Les personnes suivantes, selon l’habitude de la plupart d’entre elles, se sont réunies à l’université de Gresham pour entendre la conférence de M. Wren, à savoir : Lord Brouncker, M. Boyle, M. Bruce, Sir Robert Moray, sir Paul Neile, DR Wilkins, DR Goddard, DR Petit, M. Ball, M. Rooke, M. Wren, M. Hill. Et après que la conférence s’est terminée, elles se sont retirées, comme de coutume, pour discuter. » ³ Bien qu’étant le moins scientifique des douze hommes présents, Robert Moray était le plus proche du monarque. Selon un historien des débuts de la Royal Society, il avait  » l’oreille du roi ». On peut considérer sans aucun doute que Robert Moray fut l’initiateur de l’intérêt de Charles II pour la Royal Society et il fut désigné d’ailleurs président de l’association (l’Invisible Collège?) qui un peu plus tard devint officiellement la Royal Society sous la présidence du vicomte Brounker. Les années suivantes nous le retrouvons siégeant dans les comités, aidant à la collecte de fonds et à la rédaction d’articles dans la revue « Philosophical transactions » première revue scientifique au monde dont il fut le premier rédacteur. Ceux-ci montrent un intérêt à la fois pour l’observation du monde naturel (y compris les documents offrant des descriptions de la flore et la faune des Hébrides et des îles de Berneray et Hirta) et sur l’application pratique de la « nouvelle philosophie » (tels que des documents sur l’extraction des minéraux et sur l’amélioration de la sécurité dans les mines de charbon). En parallèle avec son activité scientifique, il fut de nouveau nommé au poste de conseiller privé en Février 1661, et plus tard Lord de l’Échiquier pour l’Écosse. Lorsqu’il résidait à Londres, il était hébergé dans les chambres au Palais de Whitehall. Il assistait le roi dans son propre laboratoire de chimie.

 

Portrait présumé de Robert Moray.

Portrait présumé de Robert Moray.

 

Fin de vie

En 1670 Robert Moray a pris sa retraite de la vie publique à l’âge de 62 ans. Il décéda le 4 Juillet 1673 et fut inhumé à Wesminster Abbey.

 

 Conclusion:

 

Comme vous l’avez lu, ce parfait inconnu a incontestablement eu une influence primordiale sur le développement de l’esprit scientifique en occident et nous lui devons la création de la plus ancienne académie des sciences européennes. Aujourd’hui les membres de la Royal Society suivent toujours les règles rédigées par R. Muray . Acceptés après enquête et élu par un système de petites boules blanches ( ou rejetés par les boules noires) en tant que Fellow (compagnon en anglais) ils ont l’obligation de ne parler ni de religion ni de politique…. Un dernier détail, lorsque, en 1722, Jean-Théophile Désaguliers, premier Grand Maître de la Grande Loge de Londres (depuis 1717), fit rédiger par Andersson les  » Constitutions », il occupait, dans la vie profane (!?) la charge de secrétaire de la Royal Society sous la présidence d’Isaac Newton.

1: Libéré et lavé de tout soupçon grâce une supplique envoyée à Charles II en tant que Maitre architecte.
2: Futur architecte reconstructeur de la cathédrale St. Paul à Londres et fondateur de la Loge St Paul. Loge dont on ne sait si elle fut opérative ou spéculative mais très probablement les deux. Et si l’on veut bien croire les Francs-maçons russes, initiateur du tsar Pierre le Grand.
3: Ces personnes étaient certes des scientifiques, pour la plupart, mais aussi des hommes politiques engagés dans des camps ennemis, Cavaliers (partisans des Stuart) pour Brouncker, Paul Neile, ouTêtes Rondes (partisans de Cromwell) pour Robert Boyle et surtout John Wilkins le propre beau-frère de Cromwell.
 
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Cet article a été rédigé grâce aux archives de la Royal Society ( consultable sur http://royalsociety.org ), à la lecture de la conférence de John Gribbin: The Roots of the Royal Society and the Scottish Connection (consultable ici ) et au livre de Robert Lomas aux éditions DERVY. 
 Un grand merci à mon épouse Gislhaine pour sa patience et son aide..
 
 
 

Mes petites bafouille, Gatua

Classé dans : Poèmes? — 28 septembre, 2017 @ 9:47

 

Jamais je ne t’aurais vu

jamais je ne t’aurais connu

Mais pourras-tu accepter30072-figurine-statue-les-mains-de-rodin-la-cathedrale-style-bronze

Que l’on puisse t’aimer

Pour l’éclair de ton regard

Pour un geste pris au hasard

Pour ton âme tourmentée?

Accepte de prendre le risque

De recevoir cet inconnu

De partager cet incertain

Prends ce moment qui vient

Et accepte d’en faire

Pour toi, pour moi,

Une éternité d’amour

Qui pourrait durer qu’un instant,

Ou jusqu’à la fin des temps.

De ta vie trop remplie

Chasse la froideur,

Fait entrer la douceur

Donnes-moi, ce que je voudrais t’offrir

Ose me prendre ce que tu me refuse.

 

Accepte cette poésie, qui n’en est pas une,

Tu as déjà mon cœur ravi,

Prends-moi, que je t’enlève à ta mélancolie

De nos faiblesses, accepte la force commune.

 

 shut


 

Me draper dans le silence,
me cacher dans le vide.
Fuir les hespérides,
Hurler ma démence
Et quand tu le permettras,
Enfin, me blottir dans tes bras. 

Au secours! Au secours! J’ai chaud

Des ailes me poussent dans le dos

Dans ma tête se bousculent ces mots

Ça y est, je suis devenu oiseau,

J’ai arraché de l’olivier un rameau

et sur ton coeur j’en fait le dépôt.

Mes petites bafouilles

Classé dans : Poèmes? — 19 septembre, 2017 @ 10:19

Merci à Brigitte, qui m’a suggéré de reprendre la plume,

A Nelly sans qui je ne vous connaîtrais pas,

Merci aussi à……que j’enlace tendrement dans mes rêves éveillés

Pour que le souvenir Gislhaine ne disparaisse jamais dans le cœur de ceux qui l’on connue.

Des fleurs dans un désert.  
Des larmes sur mon cœur. 
Du miel sur le malheur.  
Une lueur dans l’enfer.  

 

Un être m’a souri                     

une étincelle a surgi

un souffle me l’a ravie.

Perdue avant de l’avoir captée

comment l’accepter ?

Sombrer dans la folie,

je ne veux, ni ne puis.

Reviens, éclairer ma nuit.


Les Compagnons

Classé dans : Esoterisme,Histoire — 29 décembre, 2014 @ 8:05

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Genèse.

Héritiers des fratries et confréries du VIIIe siècle, l’existence des Compagnons est attestée à partir du XIIe siècle par les conciles de Rouen (1189) et d’Avignon (1326)  statuant sur l’excommunication des confréries clandestines dont les membres se réunissent régulièrement revêtant des tenues particulières, prêtent serment et se promettent le secours mutuel.

Du Moyen-age à la Révolution.

Chaque Devoir met en pratique des règles tant spéculatives qu’opératives dans le but de transmettre le savoir, la connaissance de la matière et de l’outil le respect du travail et de l’œuvre à accomplir envers Dieu et les hommes. Les Compagnons circulant de ville en ville et de chantier en chantier, pour leur Tour de France, établirent des lieux de d’hébergement appelés Cayenne ou Maison sous la protection et l’aide d’une Mère (mention à Dijon en 1540) ou d’un Prévôt. Au XVIe siècle, les premiers textes juridiques tentèrent expressément d’empêcher les réunions des compagnons. Les agapes, les mères, les réunions, les masques, les « rois » attirèrent sur les compagnonnages les foudres des justices ecclésiastiques et royales. Les imprimeurs de Lyon furent ainsi menés entre procès et émeutes de 1539 à 1573 contre l’autorité royale. L’accroissement du nombre de Compagnons nous est révélé par l’augmentation du nombre des interdictions, pas moins de six ordonnances royales entre 1530 et 1570. Pris dans le flot des guerre de religion, les Compagnons de religion réformée se réunirent sous la bannière des Gavots de Salomon, tandis que les Dévoirants de Maître Jacques réunissait les catholiques. Le pouvoir inquiet de l’extension de ses sociétés multiplia les interdictions et procès, plus vingt dans la seule ville de Dijon entre 1667 et 1785. Actifs dans tout le Royaume de France, ils rédigèrent leurs chartes et eurent, à la fin du XVIIIe siècle, le pouvoir de damner une ville en la privant de tout ses compagnons. Le 14 juin 1791 les députés Le Chapelier et Allende rédigèrent une loi « allant à l’encontre de ses propres convictions (Le Chapelier et Allende étaient Francs-maçons) », mais pour le bien de la Nation, interdisant le droit de s’unir aux ouvriers. « Il n’y a plus de corporations dans l’État, il n’y a plus que l’intérêt particulier de chaque individu et l’intérêt général.». Sous la Révolution et l’Empire la conscription nationale réduisit le nombre, surveillés par la police les Compagnons regrettaient l’Ancien Régime, sans livret ouvrier et sans loi Le Chapelier.

De la Restauration à l’Occupation.

La Restauration permit le renouveau et mais la Monarchie de Juillet repris la surveillance et la suspicion envers eux. En 1848 plusieurs tentatives de réconciliation et d’union des différents Devoirs échouèrent et c’est en 1876 qu’Agricole Perdiguier créât un syndicat autonome, indépendant de l’état, du patronat et des politiques regroupant l’ensemble des Devoirs. Au début du siècle dernier il reste trois de ces associations les Compagnons du Devoir, les Compagnons du Devoir de Liberté et l’Union Compagnonnique des Devoirs-Unis, dans les années 1920 à 1930 les diverses tentatives de réunions échouèrent. En 1941 le Compagnon Jean Bernard fit exclure par le maréchal Pétain le Compagnonnage de la Loi visant à la destruction des «sociétés secrètes». le maréchal Pétain accorda une Charte du Compagnonnage aux compagnons du Devoir du Tour de France, «afin de leur permettre de faire revivre les traditionnelles et séculaires vertus d’une chevalerie ouvrière issue du peuple, et je les charge d’en répandre l’action chez les travailleurs d’une France renaissante». Cette nouvelle organisation avait pour but de réunir les différentes associassions sous une direction unique et dans le but de promouvoir la politique de Vichy. Elle ne fût réellement active qu’en zone libre et ne parvint pas à fédérer toutes les organisations. Le même Jean Bernard participât à la propagande anti-maçonnique, accusant la F-M d’avoir « voler » et d’en « détourner » la symbolique. Ce rattachement au gouvernement Pétain, n’empêchera pas des persécutions en zone occupée ainsi que la déportation de nombreux Compagnons, soit pour des actes individuels de résistance, soit en raison de leur appartenance à une « société secrète »

 Conduite

Le Compagnonnage aujourd’hui

En 1950 il ne restait que 5000 membres, rescapés de la guerre et de l’occupation. Les conditions de recrutement furent modifiées pour pouvoir admettre les jeunes adultes issus des lycées professionnels et nous pouvons compter de 20 à 30 milles membres aujourd’hui. La restauration de l’Arc de triomphe, de l’Assemblée Nationale, du Musée d’Orsay, de l’archange du Mont Saint-Michel, ou encore la réfection de la toiture de la gare St Charles à Marseille, les soubassements de la pyramide du Louvre, le métro de Caracas, le tunnel sous la Manche et enfin la restauration de la flamme de la statue de la Liberté, sont les derniers grands travaux que nous pouvons contempler. Les jeunes itinérants sont accueillis dans des « sièges » et travaillent dans des entreprises locales la journée tout en suivant des cours le soir donnés par des Compagnons. A la suite de ces cours, l’Itinérant Désirant passé Aspirant ou l’Aspirant passé Compagnon, devra produire une maquette ou  » chef d’œuvre « . Ils deviendront Compagnon à l’issue des deux cérémonies que sont l’Adoption en tant qu’Aspirant, puis la Réception. Le travail de réception, « l’œuvre capitale », atteste des compétences que le compagnon a acquises au cours de ses années de voyage et d’apprentissage. On juge non seulement la maîtrise technique, mais aussi le comportement de l’Aspirant face aux difficultés du métier, sa patience et sa ténacité. La présentation de ce travail, pour être reçu Compagnon par ses pairs, n’est pas une fin en soi, mais plutôt une étape de son parcours, un nouveau point de départ. L’initié reçoit alors de ses pairs sa couleur frappée des symboles de son état, de son engagement et de ses devoirs. C’est le point de départ de sa vie d’homme, au cours de laquelle il s’efforcera d’associer l’être au métier et à la cité. L’Aspirant s’élève peu à peu, par l’étude et l’ascèse du travail: « en transformant la matière, il se transforme lui-même et acquiert la maturité ». Le cheminement compagnonnique est un véritable parcours initiatique, avec ses cérémonies, ses rites, ses secrets, ses épreuves et son but: « quitter l’adolescence, devenir adulte par l’acquisition de connaissances et savoir-faire ».  C’est environ mille jeunes qui , toutes organisations confondues, chaque année commence leur Tour de France.

Le 19 novembre 2010, en tant que  « réseau de transmission des savoirs et des identités par le métier » le Compagnonnage français a été inscrit sur  la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Selon les termes de l’Unesco, le patrimoine immatériel désigne «  les traditions ou les expressions vivantes héritées de nos ancêtres et transmises à nos descendants,comme les traditions orales, les arts du spectacle, les pratiques sociales, rituels et événements festifs, les connaissances et pratiques concernant la nature et l’univers ou les connaissances et le savoir-faire nécessaires à l’artisanat traditionnel. »

 La Symbolique

Alors que la Franc-Maçonnerie est spéculative le Compagnonnage est opératif, espérant par ce moyen permettre à ses adhérents d’atteindre une élévation spirituelle et morale. Si les moyens employés diffèrent nous pouvons discerner une certaine concordance dans le désir d’améliorer et de parfaire l’Homme. Afin de passer Aspirant et lors d’une deuxième étape Compagnon, l’Itinérant doit durant son année au siège réaliser un chef d’œuvre qu’il devra présenter à ses pairs. Ceux-ci jugeront son travail, son comportement de toute l’année et donneront leur avis au passage du statut d’itinérant à Aspirant ou Compagnon. L’itinérant subira alors un Rituel secret au cours duquel on lui remettra un nouveau nom, des mots de passe et des couleurs (ruban que portent les Compagnons lors des représentations compagnonniques). Il sera dès lors intégré à la société compagnonnique.  » Mais avant d’en arriver à ce jour faste, il a été souvent humilié: on lui a appris à se maîtriser et a accomplir les tâches les plus subalternes; on lui a aussi enseigné à respecter les outils, à s’en servir et à en avoir soin. Il a compris qu’il n’y a pas de besognes secondaires, que tout doit se réaliser dans la vie. Grâce à un dur enseignement, on se forge une nature volontaire et on acquiert la Maîtrise. Ce cadre moral, initiatique exalte le sacré en appliquant toute la valeur du travail manuel, est propice à la création du chef-d’œuvre « .  Dans cette approche symbolique, il existe 3 familles de Compagnons:

Les Enfants de Salomon: Compagnons du devoir de liberté.

Salomon

Par exemple une petite citation de Martin Saint Léon, tiré de son ouvrage sur le compagnonnage, nous enseigne sur la symbolique que revêt le temple de Jérusalem  :  » Quelques jours après cet entretien, un des contremaîtres rencontrait comme par hasard le nouveau récipiendaire et le conduisait dans un souterrain du temple. Là, au milieu des compagnons de travail du nouveau venu, il procédait à l’initiation et lui donnait le nouveau mot de passe qui devait le faire reconnaître. Les mots de passe étaient : pour les apprentis le mot JAKHIN (préparation), pour les maîtres : JEHOVA AUXILIA. D’autres mots avaient été adaptés pour la reconnaissance entre initiés: Sabahot, Salomonet, etc. « 

Les Enfants de Maître Jacques: Compagnons du Devoir ou du Saint Devoir de Dieu.

Jacques

Maître Jacques, serait né dans les Pyrénées d’un père nommé Jakin, signifiant en basque « savoir » (Transmit en français dans le Jacques à dît…), mais c’est aussi la colonne du Nord du Temple de Jérusalem, tailleur de pierre depuis l’age de 15ans, assistant d’ Hiram dans la construction du Temple. A la fin des travaux, Jacques fâché contre son collègue Soubise part, accompagné de 13 Compagnons et 40 disciples en Provence, tandis que Soubise ira à Bordeaux. Mais la guerre ne s’arrête pas la, cinq « mauvais » compagnons tentent d’assassiner Jacques. Celui-ci s’en sort en se dissimulant dans des roseaux. Les compagnons portent dès lors un jonc (la canne) en souvenir de cet événement. Martin Saint Léon conte la suite de cette façon :  » Enfin Jacques se retira en Provence dans l’ermitage de la Sainte Baume. L’histoire de sa fin parait avoir été calquée sur le récit de la passion du Christ. Un de ses disciple, l’infâme Jéron (…), le trahit. Un matin, alors qu’il était en prière dans un lieu écarté (tel Jésus à Gethsémani), Jéron vint le trouver et lui donna le baiser de paix. C’était le signal convenu, cinq assassins se jetèrent sur Maître Jacques et le percèrent de cinq coups de poignard. Il vécut cependant encore quelques heures et put, avant d’expirer, faire ses adieux aux compagnons tardivement accourus.  » Je meurs, dit-il, Dieu l’a voulu. Je pardonne à mes ennemis, je vous défends de les poursuivre; ils sont assez malheureux. Je donne mon âme à Dieu mon créateur, et à vous, mes amis, je ne puis rien donner mais recevez mon baiser de paix. Lorsque j’aurai rejoint l’être suprême, je veillerai sur vous. Je veux que le baiser que je vous  donne, vous le donniez toujours aux Compagnons que vous ferez, comme venant de votre père ; ils le transmettront de même à ceux qu’ils feront. Je veillerai sur eux comme sur vous tous pourvu qu’ils soient fidèles à Dieu et à leur Devoir et qu’ils ne m’oublient jamais  » Selon une autre tradition, maître Jacques ne serait en fait que le dernier grand maître des templiers, Jacques de Molay, lequel aurait accueilli sous la bannière de son ordre certains des Enfants de Salomon en dissidence avec la société mère et leur aurait conféré un « devoir » nouveau vers 1268. Le père Soubise ne serait autre qu’un moine, bénédictin ou cistercien, qui aurait donné aux charpentiers de haute futaie des statuts spéciaux. Cette seconde légende est acceptée assez généralement comme se rapprochant plus que la précédente de la vérité. Il s’ensuivrait que la division des sociétés de compagnonnage en trois classes date de la fin du XIIIème siècle.

les Enfants du Père Soubise:

Soubise

 Compagnons du Devoir mais dont la filiation et les rituels diffèrent des enfants de Maître Jacques. Deux traditions existent. La première est liée de fait avec celle de Maître Jacques. Étant jaloux de celui-ci, il aurait été l’instigateur de sa mort. Cependant, perpétuée dans la tradition orale Compagnonnique, elle a été la cause de nombreux conflits entre les Compagnons des deux rites. La deuxième version, également assez répandue dans le Compagnonnage décrit Soubise comme un moine Bénédictin du treizième siècle. Jean Pierre Bayard rapporte qu’on l’assimile parfois au moine Soubise de Nogent, fondateur en 1401 du devoir catholique des Bon Drilles. La  » société des Bon Drilles  » existe toujours dans le Compagnonnage. Les trois sociétés portent pour nom, Compagnons du ou des Devoirs ; Je ne peux expliquer à ce jour les nuances qui différencient ces deux titres. Cependant une question se pose quant a la réalité de ce devoir, de quoi s’agit il exactement ? :  » il semble naître d’abord d’une certitude intime que nourrit chaque Compagnon pour atteindre le mysticisme au sein de la communauté et à travers l’initiation, s’élever vers le sacré.  »

Le sacré

Fortement présent dans les rites Compagnonniques, les symboles, les métiers, est étroitement lié au sacré religieux et plus particulièrement celui du christianisme. Ceci est dû au fait que le Compagnonnage a, dans son passé, été majoritairement catholique. Cette présence a sans doute contribué à renforcer l’influence et les correspondances avec cette religion puissante. Cette alliance entre devoir et christianisme explique l’existence d’un véritable catéchisme Compagnonnique. Ainsi il n’est pas rare de voir des baptêmes, des cérémonies de partage du pain lors de réunions Compagnonniques. 

 

 

Sites de diverses organisations :

Compagnons du Devoir

Compagnons du Tour de France

 Devoir Soubise

Musées:

Musée du Compagnonnage à Tours

Maison de l’Outil et de la pensée Ouvrière à Troyes

 

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Classé dans : Tablette — 28 décembre, 2014 @ 12:49

(more…)

 

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